Des élues publient un appel pour développer une politique de sécurité commune pour un monde durable et sans armes nucléaires

 Le 24 mai, le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres a publié le programme Assurer notre avenir commun : un programme de désarmementLe 24 mai a été aussi la Journée Internationale des Femmes pour la Paix et le Désarmement. Les femmes membres du PNND ont profité de l’occasion pour publier l’appel Sécurité commune pour un monde durable et sans armes nucléaires.

[Photomontage au-dessus : les signataires de l’appel du 24 mai, Journée Internationale des Femmes pour la Paix et le Désarmement.]

Les gouvernements doivent faire une meilleure utilisation de la diplomatie, des normes internationales et des instruments de sécurité commune, de manière à pouvoir empêcher les guerres et répondre adéquatement au changement climatique et aux menaces nucléaires -selon un appel international publié le 24 mai 2018 à Genève par des parlementaires originaires de différentes parties du globe.

L’appel,  Common security for a sustainable and nuclear-weapon-free world (Sécurité commune pour un monde durable et sans armes nucléaires -ci-joint, la version PDF) a été diffusé pour commémorer la Journée Internationale des Femmes pour la Paix et le Désarmement, et pour apporter du soutien à la nouvelle agenda de désarmement publiée à Genève le 24 mai par le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres.

Nous sommes profondément inquiètes des dangers existentiels qui menacent l’humanité et l’environnement et qui sont causés par le changement climatique, les armes nucléaires et les conflits internationaux non-résolus, notamment ceux entre les Etats détenteurs d’armes nucléaires’ a déclaré Dr Hedy Fry, députée (Canada), co-titulaire de la chaire de la section canadienne du PNND et représentante spéciale pour les questions de genre au sein de l’Assemblée Parlementaire de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE).

Le retrait américain des accords pour le nucléaire iranien et l’annulation du sommet entre les Etats-Unis et la Corée du Nord ne font qu’alimenter nos inquiétudes’ a déclaré Dr Fry ‘pour cela, nous saluons l’initiative de paix et sécurité lancée aujourd’hui par le Secrétaire Général des Nations Unies dans le but de « poursuivre le désarmement pour sauver l’humanité, le désarmement qui sauve des vies et le désarmement pour les générations futures » ’. 

Les menaces grandissantes d’une possible utilisation accidentelle d’armes nucléaires, par des erreurs de calcul ou volontaires ont poussé un peu plus tôt dans l’année le Bulletin of Atomic Scientist à placer les aiguilles de l’Horloge de la fin du monde (Doomsday Clock) deux minutes avant minuit’ a relevé Margret Kiener Nellen, députée (Suisse) et Présidente de la délégation Suisse auprès de l’Assemblée Parlementaire de l’OSCE.

‘Les gouvernements qui dépendent des armes nucléaires se doivent d’inverser cette tendance en levant l’état d’alerte sur tous les systèmes d’arme nucléaires, en s’engageant à ne jamais recourir en premier aux armes nucléaires, et en lançant les négociations pour arriver à une interdiction et une abolition complète des armes nucléaires, comme l’Assemblée Parlementaire de l’OSCE les a fortement incités à faire’.

La déclaration demande aux gouvernements, aux parlementaires et à la société civile d’agir collectivement pour réaliser ces objectifs.   

‘J’ai rejoint d’autres élues qui ont apporté leur soutien à la décision prise par l’Assemblée Générale des Nations Unies d’organiser une conférence de haut-niveau en matière de désarmement. Une conférence qui promeut des mesures effectives pour la construction du cadre nécessaire à l’établissement d’un monde sans armes nucléaires’ a déclaré Linda Duncan, députée (Canada), co-titulaire de la chair canadienne du PNND.

En tant qu’élues, nous sommes fières de nos pays d’origine et de nos identités nationales, mais nous reconnaissons aussi dans une humanité commune. On reconnait la nécessité de coopérer pour la construction d’un monde plus pacifique, durable, et juste’

Ces pays qui continuent à se reposer sur les armes nucléaires pour assurer leur sécurité doivent abandonner peu à peu la dissuasion nucléaire, en la remplaçant par la loi internationale, des mécanismes de sécurité communs/des mécanismes qui assurent la sécurité collective, et un désarmement multilatéral et fondé sur un régime de vérification’ a déclaré la baronne Sue Miller (UK), co-Présidente du PNND.

Les Nations-Unies ont été conçues pour offrir aux pays membres une large palette d’instruments par lesquels les nations peuvent résoudre des conflits, négocier des politiques de désarmement et obtenir la sécurité par la diplomatie, et non pas par la guerre’, continue la baronne Miller. Ces instruments ont été complétés par des instruments de sécurité collective additionnels tels que l’OSCE. Une meilleure utilisation de ces dispositifs pourrait faciliter le désarmement nucléaire

La première étape, pour tous les pays détenteurs d’armes nucléaires est d’appliquer l’appel du secrétaire général des Nations Unies pour « assurer que la pratique de la non-utilisation des armes nucléaire, effective depuis 72 ans, continue indéfiniment et soit universellement considérée comme une norme inviolable »’, déclare Alyn Ware, coordinateur global du PNND.

‘Les Etats non doté de l’arme nucléaire ont réalisé une action complémentaire importante dans ce sens en négociant l’année dernière le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Nous attendons avec impatience la ratification et l’entrée en vigueur de ce traité’

‘En outre, la course aux armements nucléaires coûte plus de 100$ milliards par an’ estime Ute Finckh-Krämer (Allemagne), ancienne députée de la sous-commission du Bundestag pour le désarmement et le contrôle des armements. ‘Ces ressources pourraient être mieux utilisées pour contraire le changement climatique, éliminer la pauvreté et accomplir d’autres besoins économiques et sociaux’.

Les villes, les cantons, les Etats et les gouvernements fédéraux des Etats non dotés d’armes nucléaires peuvent jouer un rôle en coupant les investissements qu’ils sont susceptibles d’avoir au sein de sociétés qui produisent des armes nucléaires et leurs vecteurs.’ déclare Barbara Gysi, députée (Suisse). ‘Certains gouvernements locaux, régionaux et nationaux ont déjà adopté ce genre de mesures’.

La seule condition de survie pour notre planète est de faire appel à une nouvelle « Entspannungspolitik » (politique de détente), déclare Uta Zapf (Allemagne), ancienne Présidente et ancienne titulaire de la chair de la sous-commission du Bundestag pour le Désarmement et le Contrôle des Armements.

La nouvelle initiative de paix et sécurité du Secrétaire General Antonio Guterres tombe au bon moment. Nous devons arrêter cette dangereuse course aux armements et nous devons faire pression sur les Etats qui basent leur sécurité sur les armes et la dissuasion nucléaire dans le but de mettre fin à ces stratégies politiques dangereuses et  de lutter au contraire pour la paix et la sécurité commune ».

‘J’appelle tous les pays du monde à soutenir cette initiative’ déclare Ms Zapf ‘Je demande à tous les pays, au lieu de financer la course aux armements, d’employer leurs ressources pour la réalisation des objectifs de développement durable (SDG)’.

Rama Mani, membre du Conseil pour l’avenir du monde (World Future Council) est optimiste quant au développement de la paix et de la sécurité dans le monde, étant donné que la société civile et les gouvernements coopèrent de plus en plus. ‘Bientôt… nous devons tous entendre le cliquetis : de leurs armes à feu tombant à terre, de leurs missiles rentrant dans leurs hangars, de notre résolution dissolvant leur détermination à se détruire l’un l’autre… Bientôt’.

La déclaration « Sécurité commune pour un monde durable et sans armes nucléaires » a été approuvée par des élues originaires d’Allemagne, Australie, Autriche, Bangladesh, Canada, Chili, Costa Rica, Finlande, Ecosse, Etats-Unis, Jordanie, Kazakhstan, Lichtenstein, Iles Marshall, Mexique, Norvège, Nouvelle Zélande, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède et Suisse.

Le 23 mai, la députée canadienne Linda Duncan a présenté la déclaration au Parlement Canadien. Ici vous trouverez son discours d’introduction.